Le listening-bar Octave, ruelle Shcherbakov, est un projet d'Alexander Gutakovsky, avec la carte des boissons de Nikolay Orekhov : son Hi-Fi, plus d'une centaine de bouteilles de vin d'avant-garde et une cuisine aux accents européens et asiatiques.

L'intérieur d'Octave est construit autour de deux systèmes Hi-Fi visibles dès le seuil : la légendaire Altec Lansing de 1978, à amplification à lampes, et l'australienne Pitt & Giblin Superwax, assemblée à la main. Beaucoup de bois sombre, des tables basses, des luminaires des années 70-80, du mobilier vintage — une partie des objets est en vente, chacun accompagné d'une carte racontant son histoire. Sur les murs, des tableaux issus de galeries pétersbourgeoises ; sur les étagères, des rangées de bouteilles et des disques vinyles. Les hauts plafonds s'écartent du canon du listening-bar japonais, mais ce sont précisément eux qui donnent à l'espace son ampleur particulière.

Selon l'équipe de notre guide gastronomique, on se retrouve en entrant dans des années 70 élégantes, sans kitsch, avec un minimum de détails : vin, vinyle, énormes enceintes, tables basses et bois dans la finition. Le vibe : 10 sur 10.

La carte des boissons est composée par Nikolay Orekhov. On y trouve des twists sur des classiques — Lemon Pie Negroni, Perfect Mojito au gin et à l'agricole — et des expérimentations d'auteur comme l'Adonis Russian Tea. Le vin occupe une place à part : plus de cent bouteilles d'avant-garde et de terroir sur les étagères, 10 à 12 références servies au verre, dont du champagne.

La cuisine marie accents européens et asiatiques. À la carte : un steak de bœuf et un loup de mer au grill japonais, un tartare classique, un pâté de foie de lapin à la cerise, du jambon, une planche de fromages, des olives marinées à la menthe. Une mention particulière pour le loup de mer au raisin et au lard : un poisson dense, du raisin légèrement sucré, l'accent salé du lard et des feuilles de romaine — un plat umami où les détails s'assemblent sans effort apparent.

Le caractère du lieu change selon le jour de la semaine. Le week-end, des DJ officient, la salle s'anime, on danse. Du lundi au jeudi, l'ambiance est plus intimiste : le vinyle résonne, la conversation autour d'un verre ne se fait pas au cri. Le bon équilibre du volume sonore est l'un des traits marquants d'Octave : la musique se ressent, mais ne pèse pas. Nos clients mystères ont donné 10 sur 10 au moment passé — pour l'atmosphère, le son et la sensation d'ensemble de l'espace.

Des enchères et des expositions artistiques sont prévues directement dans le bar. Pour l'heure, le listening-bar Octave, ruelle Shcherbakov, reste l'une des rares adresses de Saint-Pétersbourg où le son Hi-Fi, les cocktails signature et le vin d'avant-garde coexistent dans un même espace, sans compromis.