Niki Piano Bar
B. Nikitskaya St., 22/2
Ouvre à 17:00
Horaires :
Ouvre à 17:00
Lundi17:00-00:00
Mardi17:00-00:00
Mercredi17:00-00:00
Jeudi17:00-02:00
Vendredi17:00-02:00
Samedi17:00-02:00
Dimanche17:00-00:00
Niki Piano Bar, de Lucky Group, est un restaurant sur la Bolchaïa Nikitskaïa, où la cuisine russe contemporaine du chef de marque Dan Miron se conjugue à la musique live, autour d'un piano à queue restauré.
La salle de 70 places est construite autour d'un piano à queue restauré, qui donne littéralement le rythme à tout l'espace. La designer Evgenia Uzhegova décrit le concept comme un cocon : une lumière diffuse couleur miel, un bar vitré aux reflets colorés, des rideaux à la française aux fenêtres — tout cela coupe les convives du bruit de la Bolchaïa Nikitskaïa. Un vestiaire peint, orné de motifs de la nature russe, et des « loges » secrètes au fond de la salle rappellent les cabinets des restaurants de l'époque impériale. La zone d'entrée est dominée par une toile de Grigory Mayofis, artiste travaillant dans la rare technique du bromoil, à la croisée de la peinture et de la photographie. On y voit un ours au piano, personnage devenu l'emblème du piano-bar. Les œuvres de Mikhail Psyurnikov, Anastasia Motina et Olivia Lem côtoient des ours en peluche anciens sur une étagère ouverte.
Selon l'équipe de notre guide gastronomique, on se sent bien chez Niki Piano Bar, le public est agréable, la salle s'anime en soirée — mais l'envie d'y revenir après le dîner ne s'est pas manifestée.
La cuisine de Dan Miron rassemble des prétextes de tablée russes familiers, mais les présente sans littéralité muséale. En ouverture de carte, le caviar, servi selon deux scénarios : plus domestique, avec des oladi et de la crème aigre, ou plus frais, avec des légumes glacés. Pour accompagner l'alcool fort, on propose des entrées salées, une gelée longuement mijotée, du lard et de la moutarde. Viennent ensuite des plats à l'intonation plus « restaurant » : du crabe en röstis de pomme de terre, de petits chebureki à garnitures variées, des sandwichs, du poisson et des fruits de mer. Côté chaud, le canon russe se poursuit avec des pelmeni, du mukcun vapeur aux asperges et une tourte au saumon sauce au caviar. En dessert : une version d'auteur de la « Kartoshka » à la densité truffée et à l'accent cognac, un roulé meringué à la crème de noix et des sorbets aux fruits et aux baies.
Les boissons sont confiées au chef barman Maxim Gorelik et au bar-manager Yury Shaiditsky. Leur carte marie la culture des débits de boisson du vieux Moscou à une précision toute de restaurant : les alcools forts sont servis très frais, les liqueurs maison sont apportées en carafes vintage, et les cocktails oscillent entre saveurs locales et références françaises. La vodka se mêle à la fraîcheur du concombre et au tonic, le cassis suit la logique du French 75, le melon celle du sgroppino. La partie sans alcool s'appuie elle aussi sur des associations russes familières : kissel à la mandarine et kvas d'ananas aux herbes du jardin. Côté vin, l'accent principal va au champagne, avec à côté une sélection à part de références russes.
La musique live résonne tous les jours : des artistes invités interprètent des mélodies reconnaissables, et ce format rend chaque soirée un peu imprévisible. Il convient toutefois de tenir compte de l'emplacement à table — selon les observations de l'équipe de notre guide gastronomique, près du piano, la conversation doit se mener à voix haute, tandis que les places plus éloignées offrent un confort nettement supérieur. Au moment de la visite, le service laissait encore à désirer : une attente longue pour les boissons et un service non synchronisé entre convives. Le lieu attire un public agréable, et la salle est pleine le vendredi soir, mais la sensation d'aboutissement ne se dégage pas encore.